20.06.2008
JEAN-DAVID MORVAN et LI-AN : LE CYCLE DE TSCHAI
Je viens de lire le huitième et dernier tome de l'adaptation en bandes dessinées du CYCLE DE TSCHAI de Jack Vance.
La série de 4 romans, Le Chasch, Le Wankh, Le Dirdir et Le Pnume a été publiée il y a quelques années en un seul gros volume par J'Ai Lu. C'est un roman d'aventure mettant en scène un naufragé terrien échoué sur une planète étrange et souvent hostile. Sur ce monde cohabitent cinq races principales, les Chaschs, les Wankhs, les Dirdirs et les Pnumes ainsi que les humains. Les quatres races extra-terrestres se détestent cordialement tandis que les humains sont soit employés comme grouillots par les autres races soit rassemblés en sortes de nations. Tout ce monde est très chatoyant et la variété des races ET n'a d'égale que celles des sociétés humaines décrites. L'intrigue est linéraire, le héros poursuit sans relâche un but précis, qu'il atteint après nombre d'embûches. Curieusement le héros est décrit comme terrien dans les romans, alors que dans la BD (française) il est clairement présenté comme américain. Il correspond assez bien à un certain archétype de héros américain, plein de qualités guerrières et de ruse, tout en ayant un sens moral développé. Ecrit entre 68 et 70 la série ne cède pas vraiment aux modes de l'époque : ainsi le héros a quelques aventures amoureuses mais il n'y a pas de passages érotiques.
Le scénario de la BD suit fidèlement la trame des romans et les huit tomes de bandes dessinées reflètent de façon assez complète les quatre romans. Les dessins sont corrects, l'ambiance souvent désertique (ce qui renforce le côté western) est bien rendue tandis que les personnages, différents de ce qu'on imaginait comme toujours, sont également bien adaptés. Par contre on apprécierait un peu plus de soin dans le dessin des visages, ce point reste une faiblesse trop courante des dessinateurs. Les Chaschs et les Dirdirs sont hideux et agressifs à souhait. J'ai déjà lu le cycle de romans plusieurs fois et cette adaptation permet de s'y replonger d'une façon différente.
En résumé, cette adaptation en bandes dessinées est assez bonne (mais la série de romans est excellente donc s'il faut choisir...). Elle procure le plaisir d'une relecture différente de la série.

14:55 Publié dans Livres - lectures | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : jean-david morvan, li-an, jack vance, le cycle de tschai
16.06.2008
ROGER MUCCHIELLI : LA SUBVERSION
C'est un peu par hasard que je suis tombé sur ce passionnant petit livre au titre aussi concis qu'explicite.
Roger Mucchielli définit et détaille la notion de subversion, qui signifie éthymologiquement renversement de l'ordre établi.
Si ses origines remontent à l'antiquité (pamphlets), la subversion s'est beaucoup développée au cours du vingtième siècle (propagande, guerre psychologique), en liaison avec la guerre révolutionnaire et le développement des médias. L'auteur explique comment la manipulation subversive peut, même en l'absence de raisons socio-économiques objectives, rendre une révolution possible, d'une part en affaiblissant le pouvoir en place et d'autre part en persuadant la fameuse "majorité silencieuse" qu'il est inutile de lutter contre la révolution. Il est aussi rappelé que malgré le mythe du peuple se levant comme un seul homme, les révolutions sont toujours le fait d'une petite minorité active.
Les techniques de la subversion sont précisées. Ainsi le travail sur l'opinion publique passe par l'organisation du discrédit des autorités établies, en façonnant une image du pouvoir comme opresseur et de l'Etat comme illégitime et en faisant accroire à une société répressive. Aussi Mucchielli montre l'importance du noyautage de groupes constitués et celle de la technique provocation-répression-appel à l'unité.
Enfin l'auteur parcourt les techniques de la lutte contre la subversion.
Ce livre a été écrit au début des années 70 et mis à jour en 75-76. Certaines choses sont typiques de l'époque comme les groupes maoïstes qui sévissaient alors en France ou les "grandes figures révolutionnaires" (Mao, Fidel Castro, Che Guevara). Daté aussi est l'usage de l'expression mass média, lesquels sont systématiquement utilisés par les agents subversifs. Les médias sont au mieux naïfs ou alors complaisants (à noter de nombreuses citations du Monde...).
Cependant il n'a rien perdu de son actualité quand on voit de nos jours certains groupuscules minoritaires manipuler l'opinion, en particulier en s'arrogeant le monopole de la morale (le camp du Bien) et de la justice et en rejettant tous leurs opposants en dehors de l'acceptable.
18:17 Publié dans Livres - lectures | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : mucchielli, subversion, guerre psychologique
10.06.2008
SERGE LEHMAN : AUCUNE ETOILE AUSSI LOINTAINE
Cet auteur est un des principaux écrivains de la nouvelle école de SF française apparue dans les années 90.
Il s'agit d'un opéra de l'espace ambitieux. Il commence par la description d'une lointaine colonie humaine dans laquelle on retrouve le mélange classique de technologie futuriste et de système politique plus ou moins aristocratique. La planète et la société décrites sont assez riches et attachantes. Ensuite le roman prend une autre dimension quand le personnage principal, adolescent au départ, réalise son rêve et sa destinée en parcourant les étoiles. On voit ainsi le héros mûrir en même temps que l'intrigue se déroule. De locale, l'histoire devient proprement cosmique puisqu'elle met en jeu des étendues de temps et d'espace gigantesques, à l'échelle de la galaxie et de milliards d'années.
Les personnages sont assez bien campés et l'écriture assez agréable. L'auteur fait preuve d'une bonne dose d'imagination et certaines entités décrites sont assez originales (toutefois les noms qu'elles portent sont parfois un peu bizarres). Ce livre a aussi la grande qualité d'être prenant, on a envie de connaître la suite.
A noter que Serge Lehman est aussi un bon anthologiste, ainsi Escales sur l'Horizon ainsi qu'une bonne anthologie sur Les Dinosaures.

16:55 Publié dans Livres - lectures | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : serge lehman, science-fiction, space opra
26.05.2008
ERIC ZEMMOUR : PETIT FRERE
Sur la base d'un fait divers, Zemmour détaille dans ce livre la communautarisation avancée de la société française, en progression constante depuis les années 80.
Le narrateur se présente comme un "compagnon de route de l'antiracisme" de la première heure. L'expression est bien choisie puisque Zemmour fait sienne cette phrase d'Alain Finkelkraut : l'antiracisme est le communisme du 20ème siècle, phrase qui a également inspiré Renaud Camus. Le narrateur par contre n'y croit plus, même s'il persiste à donner le change sur les plateaux de TV. Connaissant la fréquentation assidue par Zemmour du monde de la télévision, il y a fort à parier que ce personnage est inspiré de la réalité. Face au narrateur, son vieux copain, son ennemi politique préféré, est un homme politique de droite (RPR puis UMP) dont nous est présenté le cheminement, depuis la politique de réforme du Code de la Nationalité de 1986 à l'apologie actuelle de la "diversité", incarnation d'une droite ralliée aux idées de la gauche.
Une bonne partie du roman est constitué des échanges animés entre ces deux personnages et à l'évolution du narrateur, tandis que l'autre intrigue montre la déliquescence de la société, en particulier sous l'angle des relations de plus en plus conflictuelles entre juifs et musulmans.
On retrouve l'essentiel de la thêmatique de Zemmour, y compris sa perception conflictuelle et un tantinet macho des relations hommes-femmes (voir ici).
Le livre, sorti récemment, est qualifié de roman mais on pourrait plutôt parler d'un essai romancé. Le but démonstratif est évident et les personnages manifestement conçus à l'appui de la démonstration. Néanmoins le narrateur et son contradicteur sont croustillants et de nombreux dialogues sont percutants. Par exemple un immam fait cette révélation à un personnage (un jeune musulman) : "Dans les années 70 il y avait encore des Roumis dans les banlieues". Il y a aussi des passages choisis du Coran : "Ô croyants, ne prenez pas pour amis les Juifs et les Chrétiens."
En résumé, ce livre à la lecture rapide et prenante est peut-être à offrir à une personne indécise sur ces sujets ou même à un multi-culturaliste convaincu.

21:45 Publié dans Livres - lectures | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : zemmour, petit frere, antiracisme, multiculturalisme, communautarisme
25.04.2008
PHILIP JOSE FARMER : LE MONDE DU FLEUVE
Un peu comme le Château de Lord Valentin, le Monde du Fleuve me semblait depuis des lustres un livre à lire et pourtant ce n'est mission accomplie que depuis peu.
Tous les morts de l'histoire humaine se réveillent après leur trépas le long d'un fleuve gigantesque. Les ressucités de toutes les époques et toutes les régions se retrouvent ensemble, étonnés de revenir à la vie et avides de comprendre où ils sont. Chacun se retrouve dans le corps qu'il avait à l'âge de 25 ans et apprécie de ne plus sentir les rhumatismes de sa fin de vie. Afin d'éviter une banale histoire de survie au jour le jour, l'auteur a mis en place un système assurant à chacun sa nourriture quotidienne et par ailleurs l'absence totale de faune implique l'inexistence de prédateurs (autres que l'homme lui-même). Détails bizarres, les femmes renaissent vierges et les hommes apparaissent circoncis. Ce roman paru en 1971 est un peu marqué par son époque, puisque les moeurs sont assez marqués par la liberté sexuelle du moment (il n'y a pas de sida d'ailleurs, quelle chance !). Une drogue déshinibante est même fournie.
Les ressuscités sont des humains au sens large puisqu'il se trouve parmi eux des Néanderthaliens et même un extra-terrestre en visite sur Terre lors de sa mort. D'assez nombreux chocs culturels sont relatés, par exemple entre une Anglaise de l'époque victorienne et d'autres personnages plus "libérés". Aussi le Nazi Goering réapparait parmi des Israéliens des années 60. La distribution n'est pas complètement aléatoire : dans chaque région donnée, il y a 60% de personnes d'une origine (un pays à une époque), 30% d'une autre origine et 10% de "divers". S'ensuivent des batailles à n'en plus finir entre les innombrables petits royaumes constitués.
L'intrigue principale est la quête de Richard Burton, explorateur anglais du XIXème siècle, pour comprendre qui est à l'origine de ces résurrections. Il s'agit d'un roman de science-fiction, il est donc établi tout au long du roman qu'il y a une explication rationnelle à cette situation. Un début d'explication est donné dans ce livre mais d'autres questions ne sont pas du tout résolues. Ainsi pourquoi "seulement" trente ou quarante milliards d'êtres humains sont ressuscités alors que le nombre total ayant vécu est bien plus grand ? D'autres questions sont posées mais les indiquer ici déflorerait par trop ce roman. Comme il s'agit d'un cycle de 5 tomes, on peut présumer et espérer que les autres réponses sont fournies progressivement.
A noter que la TV a diffusé il y a 2 ou 3 an un téléfilm bien fait basé sur ce roman.

11:49 Publié dans Livres - lectures | Lien permanent | Commentaires (13) | Envoyer cette note | Tags : philip jose farmer, le monde du fleuve, fleuve de l'eternite
18.03.2008
CLAUDE J. LEGRAND : LES CREATEURS DE FUTURS
Encore un Rivière Blanche, et encore un roman sur le thême de univers parallèles.
Le héros se retrouve "à l'insu de son plein gré" ballotté de monde parallèle en monde parallèle. Certains univers ne sont divergents du nôtre par quelque détails, d'autres sont plus différents. Ainsi un univers visité montre une société qui en est resté à une sorte de Moyen-Age barbare. Un autre présente une Europe où l'Allemagne nazie a perduré. Pourtant il ne s'agit pas la sitation uchronique ultra-classique dans laquelle les puissances de l'Axe l'ont emporté en 45, c'est un monde où Hitler a été assassiné assez tôt et où, la paix ayant été possible, l'Allemagne nazie s'est édulcorée et fait partie du concert des nations.
Un moment effrayant est celui où le héros retrouve sa fiancée dans un autre monde mais pratiquant un métier réputé peu avouable.
Le personnage est intégrée dans une équipe de surveillance à la façon de la Patrouille du Temps et doit accomplir une mission périlleuse pour sauver la Terre entière, ou plus précisément une des innombrables Terres.
Le rythme est trépidant et très prenant pendant la première moitié du roman, un peu plus lent ensuite. Les personnages manquent quand même un peu de profondeur mais la lecture est agréable. Premier chapitre ici.

20:11 Publié dans Livres - lectures | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note | Tags : legrand, les createurs de futurs, sf, uchronie, riviere blanche
10.03.2008
RENAUD CAMUS : DU SENS
Il est difficile de rendre compte d'un ouvrage aussi ambitieux et dense que volumineux : 550 pages.
Renaud Camus, dont j'avais beaucoup aimé son Communisme du XXème siècle, détaille dans cet ouvrage la notion de sens. Ainsi l'entrée de la Turquie en Europe ne modifierait-elle pas le sens de l'Europe ? L'auteur s'appuie sur la controverse de Platon entre Cratyle et Hermogène, confrontant le sens "originé" et le sens "conventionnel" (simple résultat d'une convention) pour évoquer le glissement du sens de l'adjectif "français". Cela m'a fait penser à l'insistance des journalistes il y a quelques mois à parler du "Français Zacharias Moussaoui" impliqué dans les attentats du 11 septembre et emprisonné aux Etats-Unis. Précisons que cette modification de signification vaut pour de nombreux adjectifs de nationalités européennes.
Camus revient longuement sur l'"affaire Renaud Camus" qui l'a vu cloué au pilori sous prétexte d'antisémistisme, accusation que le simple fait qu'il ait été défendu par Alain Finkelkraut et Elisabeth Lévy tendrait à démonter. A noter que Jean Robin dans sa Judéomanie évoque aussi cet épisode. A noter aussi que BHL, avec sa légèreté et subtilité habituelles a publié à ce sujet un article finement intitulé "Il Faut Regarder La Saloperie En Face".
Cet écrivain a du courage et n'hésite pas à se demander s'il n'est pas abusif que des débats consacrés à des thêmes engageant l'avenir de la France comme l'immigration soient à peu près monopolisés par des personnes dont la nationalité française remontent à 1 ou 2 générations. Il ne dit évidemment pas que ces personnes ne devraient pas s'exprimer à ce sujet mais se pose la question de cette quasi-exclusivité.
Par ailleurs il explique la victoire de la classe petite-bourgeoise, de ses valeurs et de sa culture ou plutôt de son absence de celle-ci.
Conservateur, très conservateur, Renaud Camus déplore la "banlieueisation" du pays, où les gens habitent des maisons dépourvues d'histoire et aussi creuses que les parpaings qui en constituent les murs. On peut certes voir les choses sous cet angle mais il se trouve que tout ne monde ne peut pas vivre dans une maison ou un immeuble vieux de plusieurs siècles.
Il déplore ce trait de notre époque qui est que de nombreuses questions ne peuvent plus être posées. Ainsi, il pense qu'il est très probable que le métissage dont on nous fait la propagande perpétuelle va l'emporter et que la société en résultant sera peut-être heureuse (à mon avis il n'y croit pas follement) mais il se demande si l'ancienne France en train de disparaître ne vaut pas quelques regrets et surtout pourquoi on ne peut même pas s'interroger à ce sujet.
Ce sont quelques unes des nombreuses réflexions de ce livre rédigé d'un seul tenant, c'est à dire sans chapitres. Une structure plus explicite eut été bienvenue, évitant quelques retours sur certains thêmes. L'écriture est belle, le vocabulaire très riche et précis et les phrases ciselées par un orfèvre. Est-il besoin de préciser que ce livre donne beaucoup à réflêchir ?

16:39 Publié dans Livres - lectures | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : renaud camus, du sens
08.02.2008
ROBERT SILVERBERG : LE CHATEAU DE LORD VALENTIN
Ce roman paru en 1980 ouvre le cycle de Majipoor, qui comprend 7 livres au total.
Le personnage principal en est un roi déchu et il s'agit de l'histoire de la reconquête de son trône. L'action se passe sur Majipoor, planète gigantesque dont la surface représente plusieurs dizaines de fois celle de la Terre. La planète est de faible densité, ce qui entraîne une gravité similaire à celle de la Terre malgré ses dimensions immenses. Les métaux notamment sont rares, ce qui explique la stagnation technologique de ce monde.
En fait le personnage principal de la série est la planète elle-même, d'ailleurs certains livres se passent à des époques différentes de celui-ci. C'est le monde de la démesure, avec des océans et des continents titanesques, peuplé de 20 milliards d'habitants, humains et non-humains, assurant une grande "diversité" et doté d'une flore et d'une faune dépaysantes. Ainsi le Mont du Château (de Lord Valentin) culmine à 50 kilomètres d'altitude et est couvert de 50 cités, chacune peuplée de plusieurs millions d'habitants. Le système politique est original, avec un pouvoir de type despotique éclairé à plusieurs centres permettant de maintenir une forme d'équilibre des pouvoirs. Les communications à longue distance sont assurés par des rêves, cette caractéristique ainsi que l'usage des armes blanches et un cadre général médiéval confèrent un côté héroic fantasy à ce roman. Cependant il n'y a pas de dieux ni de créatures surnaturelles et pas de magie non plus, tout s'explique de façon rationnelle et nous restons donc dans la science-fiction.
L'intrigue est assez linéaire, avec un seul point de vue, c'est une quête comme souvent avec Silverberg. Les personnages sont assez chatoyants et intéressants et le rebondissement final surprenant tout en étant cohérent avec l'intrigue et le contexte général.
Le deuxième volume, les Chroniques de Majipoor, est semble-t-il passionnant car il regroupe une dizaine de nouvelles se déroulant en des lieux et époques différents et prmet de mieux explorer ce monde fascinant.
15:55 Publié dans Livres - lectures | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note | Tags : SILVERBERG, CHATEAU, VALENTIN, MAJIPOOR
11.01.2008
MICHEL HOUELLEBECQ : LA POSSIBILITE D'UNE ILE
Dans ce roman, sorti à grand renfort de battage publicitaire en 2005, Michel Houellebecq reprend ses thêmes favoris : la vacuité de l'existence, la quête du plaisir sexuel et de l'amour.
Il est à noter que le sexe, s'il est bien bien là, est moins omniprésent que dans les Particules Elementaires ou dans Plateforme.
Un thême fort de ce livre est aussi celui de la vieillesse puisque le narrateur devient très amer sur la fin du roman en constatant qu'il vieillit inexorablement. Pour lui la vie est divisée en 2 parties : celle où on éjacule trop tôt et celle où on n'arrive plus à bander. Houellebecq est décidément toujours aussi guilleret...
En fait le héros atteint par l'age est Daniel1, sachant que le roman alterne sa narration avec celle de ses lointains successeurs, ses clones Daniel24 puis Daniel25. En effet l'auteur aborde un thême déjà entrevu dans les Particules Elémentaires : le transhumanisme et le clonage humain.
Si la lecture est toujours aussi agréable et prenante, il faut reconnaître que ce roman n'apporte pas énormément aux Particules Elementaires et à Plateforme.
A celui qui veut lire son premier roman de Houellebecq, on recommanderait plutôt un de ces 2 derniers ouvrages, La Possibilité d'Une Ile étant moins indispensable.

15:35 Publié dans Livres - lectures | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : HOUELLEBECQ, LA POSSIBILITE D'UNE ILE
02.01.2008
GILLES BERGAL : AMOK
Ce livre de Gilles Bergal publié chez Rivière Blanche est en fait composé de 2 parties.
Le roman AMOK était à l'origine destiné à la collection Gore que publiait le Fleuve Noir dans les années 80. Cette collection était spécialisée dans les courts romans d'horreur sanguinolants avec des titres délicats comme L'Autoroute Du Massacre ou encore Terreur déliquescente. On est en plein dans ce créneau ici et pour paraphraser la publicité pour les patés pour chats il s'agit d'un roman "avec de vrais morceaux de viande". Ca s'étripe et ça se zigouille dans tous les sens et de façons diverses, avec des pistolets, avec des fusils à pompe, avec des couteaux, avec des hachoirs, avec les mains, avec les pieds, avec les dents. L'action est constante et halletante avec de nombreuses poursuites. Evidemment les descriptions des décors sont très succintes et les personnages sont taillés à la hache si l'on ose dire. C'est très amusant et très divertissant dans le genre.
Suit une série d'une vingtaine de nouvelles fantastiques où l'auteur revisite notamment les thèmes ultra-classiques du vampire ou du loup-garou avec inventivité. Gilles Bergal a beaucoup de talent pour faire monter à partir d'une situation banale une sensation d'étrangeté et d'angoisse.
Au final un excellent livre, très agréable à lire.
Premier chapitre d'AMOK ici.

15:15 Publié dans Livres - lectures | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : AMOK, BERGAL, GALLERNE, GORE





